L’île de Vivara, la réserve naturelle entre Ischia et Procida

Paisible, sauvage, presque intacte. Laissons un instant derrière nous les couleurs et la joie vive de Procida pour nous plonger dans la paisible et verdoyante île de Vivara.

Zone protégée et réserve naturelle d’État depuis 2002, l’île de Vivara est une langue rocheuse en forme de croissant, riche en faune et en végétation méditerranéenne: 32 hectares de pure nature. La plus petite des îles Phlégréennes émerge comme un crochet entre Ischia et Procida, et est reliée à cette dernière par un pont de 362 mètres de long, qui jusqu’au 2014 figurait dans le Livre Guinness des records comme le plus long pont tibétain du monde.

isola di Vivara Procida

L’histoire de l’île de Vivara

Belle, contestée et longtemps abandonnée. L’histoire de Vivara ressemble à une histoire d’amour troublée, avec une fin encore incertaine.

L’île est ce qui reste d’un ancien cratère volcanique sous-marin, datant de plus de 50 000 ans. À l’origine, elle était reliée à Procida par une haute falaise, maintenant complètement submergée sous la mer (l’actuel golfe de Genito) et formait un seul territoire avec le promontoire de Santa Margherita, dans la partie la plus occidentale de Procida. Les eaux à l’intérieur du golfe formaient un bassin d’eau presque complètement fermé, que les Romains utilisaient comme pépinière de poissons: le vivarium, dont dérive probablement le nom de Vivara.

Les premières colonies remontent aux Mycéniens, colonisateurs pacifiques qui l’ont habitée de façon permanente vers le 14ème siècle avant JC. À la même époque, Vivara était utilisée comme lieu de débarquement stratégique pour les navires qui faisaient du commerce entre la Tyrrhénienne et la Méditerranée orientale, mais elle est restée inhabitée pendant près de deux millénaires.

Au 18ème siècle, les Bourbons, à la demande du roi Charles, la peuplèrent de gibier et Vivara devint une réserve de chasse.

Au 19ème siècle, elle est devenue propriété de la municipalité de Procida, qui l’a louée comme terrain agricole. Une partie importante de la végétation indigène, en particulier l’ancienne forêt de chênes, a été rasée pour faire place à la culture de la vigne et de l’olivier. L’île a ainsi été exploitée à des fins agricoles jusqu’à la fin des années 1960, date à laquelle elle a ensuite été abandonnée et à nouveau envahie par une végétation sauvage.

En 1940, l’île fut vendue à la fondation Albano Francescano et ces derniers temps elle a été restituée aux héritiers des anciens propriétaires.

Après avoir risqué d’être vendue à une société privée et de devenir le siège d’une structure d’hébergement touristique, en 1974, elle a été déclarée zone naturelle protégée et depuis 1979, elle est soumise à contrainte archéologique. Par décret du ministère de l’Environnement, en 2002, l’île de Vivara est devenue une réserve naturelle d’État, accessible uniquement pour des raisons environnementales et de recherche scientifique.

Ces dernières années, elle n’est ouverte au public que le week-end, sur réservation et uniquement pour des visites accompagnées de guides naturalistes experts. Aujourd’hui les différents organismes, fondations et particuliers qui la gèrent partagent l’objectif de préserver l’île et de lui redonner sa juste valeur. Cependant son équilibre est si délicat qu’on ne sait pas encore quand il sera possible de revenir la visiter.

La faune et la flore de la réserve naturelle

Vivara est un véritable paradis terrestre pour de nombreuses espèces d’animaux. La visite de l’île offre la possibilité d’une randonnée facile à travers une nature intacte, avec la possibilité de rencontrer des animaux sauvages, notamment des lapins, des papillons rares et des oiseaux tels que l’épervier ou le geai. Il est possible d’observer plus de 100 espèces d’oiseaux, y compris les sédentaires et ceux de passage, qui, surtout au printemps, trouvent un refuge sûr et protégé dans la végétation dense.

On retrouve ici l’expression maximale du maquis méditerranéen: chênes verts, oliviers, genêts, myrte sauvage, figues de barbarie. A chaque saison sa floraison: fin février la bruyère et le narcisse, puis en juin le myrte, le jasmin sauvage parfumé et, à la fin de l’été, l’inule et l’arbousier. Le printemps et l’automne pourraient être les moments idéaux pour visiter Procida et Vivara.

Comment se rendre sur l’île

Comment se rendre à Vivara? Le seul point d’accès à l’île est une canalisation pour le transport de l’eau, construite en 1957 et devenue piétonne depuis quelques années seulement. Beaucoup l’appellent le pont tibétain, probablement en raison de sa longueur et de son aspect presque « suspendu » au-dessus de l’eau. Le pont est accessible via le promontoire de Santa Margherita, près de la Marina di Chiaiolella au sud-ouest de Procida.

Isola di Vivara ponte tibetano

Actuellement, il n’est pas possible de visiter Vivara, mais nous sommes convaincus que les visites guidées

En attendant qu’il soit possible d’accéder à Vivara pour une randonnée, nous vous recommandons de l’admirer depuis la mer, avec une promenade en bateau ou en louant l’un de nos canots pneumatiques.

vivara dal mare

Que voir sur l’île de Vivara

L’excursion sur l’île est une immersion totale dans la nature, couronnée par de splendides vues panoramiques qui s’ouvrent d’un coup. Il n’y a pas de plages à Vivara et les côtes sont hautes et rocheuses. En la parcourant on peut apercevoir d’un côté les mille nuances de vert du maquis méditerranéen, de l’autre le bleu intense de la mer. Les seuls sons sont le léger bruissement du vent parmi les arbustes et le chant harmonieux des oiseaux, entrecoupés du rugissement des vagues se brisant sur les rochers. Dans l’air, vous pourrez percevoir la senteur du myrte sauvage qui se mélange au sel.

En plus de la nature luxuriante, à Vivara, vous rencontrerez des découvertes intéressantes, totalement abandonnées, qui donnent à l’île une touche de mystère:

  • la casa del Caporale, demeure du gardien de l’île à l’époque des Bourbons
  • les fermes, construites au 17ème siècle et situées au point culminant du centre de l’île, qui conservent caves, fours et moulins à huile de l’époque
  • un arrêt incontournable est la Tavola del Re, belvédère situé à la pointe sud de l’île, d’où on peut admirer une vue extraordinaire sur le Vésuve et les îles du golfe de Naples: Procida, toute proche, Ischia avec son château aragonais et, au loin, le profil de Capri.

Conseils utiles pour visiter l’île de Vivara

L’ensemble de l’île peut être parcouru en environ une heure et demie, en suivant le chemin principal qui commence par un escalier construit dans les années 1930 pour accueillir la visite de la princesse Maria Josè, épouse du prince Umberto. Le chemin rejoint les deux extrémités de l’île, Capitello (juste en face de Procida) et Punta Mezzogiorno.

Il est facile de visiter l’île, mais il faut faire attention aux détails suivants:

  • mettre toujours des chaussures fermées
  • apporter de l’eau, car il n’y a pas de sources ni de toilettes sur l’île
  • apporter de l’insectifuge et de la crème solaire, à utiliser avant d’accéder à la réserve
  • étant une réserve naturelle, rien ne peut être enlevé ou laissé.

Depuis Procida Camp & Resort, vous pouvez rejoindre l’île de Vivara en 20 minutes à pied ou en louant nos vélos électriques, qu’il faut laisser au début du pont piétonnier. Notre personnel se fera un plaisir de vous fournir toutes les informations utiles!

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